Le TAWASSOUL

L'invocation par le degré des êtres vertueux

 

Introduction pour préciser le sens du tawassoul

Le tawassoul, c'est demander à Allah qu'une chose profitable se réalise ou qu'une chose nuisible cesse par l'évocation du nom d'un prophète ou d'un saint, en honneur pour celui par le degré duquel est fait le tawassoul. Faire le tawassoul par le Prophète, un saint ou les œuvres de vertu est une chose qui est permise dans la Loi de l'Islam et qui comporte des récompenses. Il n'y a aucune considération à donner à ceux qui le renient car ils n'ont aucune preuve en faveur de son interdiction, si ce n'est ce qu'ils se figurent être des preuves. Cependant, la Loi de l'Islam n'est pas fondée sur des illusions et sur l'imagination. Ainsi, le tawassoul par le Prophète n'est en rien une forme d'association, ce n'est pas une forme d'adoration d'autre que Allah. En effet, selon les spécialistes de la langue eux-mêmes, la définition de l'adoration ne s'applique pas au tawassoul. L'adoration est, selon eux, l'obéissance avec l'extrême soumission. Al-'Azhouriyy qui est l'un des grands spécialistes de la langue, rapportant de Az-Zajjaj, l'un des plus connus d'entre eux, a dit : "L'adoration al-^ibadahc'est l'obéissance avec une soumission extrême". Al-Farra' a dit la même chose que lui. Un autre savant linguiste a dit : "L'adoration est l'extrême limite de la crainte et de la soumission". Un autre a dit : "C'est l'extrême limite de l'humilité", conformément à la parole de celui qui a fait l'explication du livre Al-Qamous, à savoir Mourtada Az-Zabidiyy, l'ultime spécialiste de la Langue. Ainsi le tawassoul n'est pas une adoration d'autre que Dieu. At-Tabaraniyy a rapporté que le Messager de Allah a enseigné à l'aveugle qui était venu se plaindre à lui de la perte de sa vue, de dire :

((اللهمّ إنّي أسألك وأتوجّه إليك بنبيّك محمّد نبيّ الرّحمة . يا محمّد إنّي أتوجّه بك إلى ربّي في حاجتي لتُقضى لي))

(Allahoumma 'inni 'as'alouka wa 'atawajjahou 'ilayka binabiyyika Mouhammad, nabiyyi r-rahmah. Ya Mouhammad 'inni 'atawajjahou bika 'ila rabbi fi hajati li touqda li).

ce qui signifie : ((Ô Allah, je Te demande et je T'adresse mon invocation par le degré de Ton prophète Mouhammad, le prophète de la miséricorde. ô Mouhammad, j'adresse mon invocation par ton degré à mon Seigneur concernant mon affaire pour qu'elle me soit réglée)).

Al-Hakim a rapporté que le Messager de Allah a dit :

 ((لـمّا اقترف آدمُ الخطيئة قال :  يا ربّ أسألك بحق محمد إلا ما غفرت لي))

ce qui signifie : « Lorsque ‘Adam a commis le péché, il a dit : Ô Seigneur, je Te demande par le degré de Mouhammad, de me pardonner ». Ibnou Majah a rapporté que le Messager de Allah a dit ce qui signifie : (( Lorsqu'un homme sort de sa maison pour aller faire la prière et dit : "Allahoumma 'inni 'as'alouka bi-haqqi s-Sa'ilin ^alayk wa bi-haqqi mamchaya hadha. Fa 'inni lam 'akhrouj bataran wa la 'acharan wa la soum^atan. Kharajtou t-tiqa'a sakhtika wa btigha'a mardatik. 'As'alouka 'an tounqidhani mina n-nar wa 'an taghfira li dhounoubi. 'Innahou la yaghfirou dh-dhounouba 'il-la 'ant" Allah charge pour lui soixante-dix mille anges qui demandent qu'il soit pardonné et Allah l'agrée jusqu'à ce qu'il finisse sa prière)).

Le sens du dou^a' est : "Ô Allah ,je Te demande par le degré de ceux qui Te demandent et par le degré de ces pas que je fais maintenant. Je ne suis pas sorti par fierté, ni ... ni par insincérité, ni par recherche d'éloges. Je suis sorti par crainte de la menace de ton châtiment et par recherche de Ton agrément. Je Te demande de me sauver de l'enfer et de me pardonner mes péchés. Certes, ne pardonne les péchés que Toi.

Al-Boukhariyy, (Mouhammad Ibnou Isma^il, mort en 265 H), dans son livre Al-'Adabou l-Moufrad, chapitre de ce qu'on dit si la personne a été atteint par une paralysie, d'après Ibnou ^Oumar, rapporte que sa jambe s'était quasiment paralysée. On lui avait alors dit : "Cite la personne que tu aimes le plus". Il a dit alors : "Ya Mouhammad – ô Mouhammad –" et sa jambe a guéri, comme s'il n'avait rien eu.

 

Les Paroles de quelques Imams au sujet du Tawassoul

 

Le Hafidh ^Aliyy Ibnou ^Abdi l-Kafi, Taqiyyou d-Din As-Soubkiyy (mort en 786h) dans son livre Chifa'ou s-Siqam fi Ziyarati Khayri l-'Anam en page 160 a dit : "Sache qu'il est permis et qu'il est bien de faire le tawassoul, l'istighathah – la demande du renfort –, le tachaffou^ la demande d'intercessionpar le Prophète  à Allah soubhanahou wa ta^ala". Le caractère permis de ces pratiques compte parmi les choses connues pour toute personne qui s'attache à la religion. C'est une chose bien connue à partir des actes des prophètes et des messagers, de la conduite des prédécesseurs vertueux – les gens du Salaf –, des savants et du commun des musulmans. Personne parmi les gens qui s'attachent à la religion ne l'a jamais renié et en aucune époque nous n'avons entendu que quiconque l'ait renié. Jusqu'à ce que vienne Ibnou Taymiyah qui a dit à ce sujet des propos par lesquels il trompait les faibles d'esprit et les immatures. Il ainnové ce en quoi personne ne l'avait précédé à travers les siècles.

 

L'Imam ^Aliyy Ibnou ^Aqil Al-Hanbaliyy (mort en 503 h) dans son livre At-Tadhkirah, manuscrit à la bibliothèque Dhahiriyyah à Damas, a dit :

Il est recommandé pour lui de se rendre à la ville du Messager que Allah l'élève davantage en degré, il va ainsi à sa mosquée et dit lorsqu'il entre : Bismi l-Lah, Allahoumma salli ^ala Mouhammad wa 'ali Mouhammad wa ftah li 'abwaba rahmatik... Allahoumma 'inni 'atawajjahou 'ilayka binabiyyika salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, nabiyyi r-Rahmah. Ya Raçoulou l-Lah 'inni 'atawajjahou bika 'ila Rabbi liyaghfira li dhounoubi. Allahoumma 'inni 'as'alouka bihaqqihi 'an taghfira li dhounoubi) ce qui signifie : Par le nom de Allah, ô Allah, élève davantage le degré de Mouhammad ainsi que celui de sa famille et ouvre pour moi les portes de Ta miséricorde... Ô Allah, je T'adresse mon invocation par le degré de Ton prophète  , le prophète de la miséricorde. Ô Messager de Allah, j'adresse mon invocation par ton degré à mon Seigneur pour qu'Il me pardonne mes péchés. Ô Allah, je Te demande par son degré de me pardonner mes péchés.

Ainsi dans ce tawassoul que cite Ibnou ^Aqil, il y a une preuve qu'il est de l'habitude des musulmans de faire le tawassoul par le Prophète après sa mort sans que personne ne l'ait jamais renié, l'interdiction n'étant venue que de la part de Ibnou Taymiyah. Or Ibnou ^Aqil est l'un des piliers des Hanbaliyy : il fait partie de 'Ahlou t-takhrij – un grade des savants de l'école qui peuvent extraire des jugements à partir de la parole du moujtahid de l'école, en l'occurrence ici l'Imam Ahmad Ibnou Hanbal – .

 

At-Tabaraniyy (Soulayman Ibnou 'Ahmad mort en 360 h) a rapporté dans ses deux livres Al-Mou^jam : Al-Kabir et As-Saghir, d'après ^Outhman Ibnou Hounayf, qu'un homme allait et venait pour voir ^Outhman Ibnou ^Affan. Seulement, ^Outhman ne lui prêtait pas attention et n'étudiait pas son affaire. Il a alors rencontré ^Outhman Ibnou Hounayf et s'est plaint à lui à ce sujet. Ce dernier lui dit alors : Va à l'endroit où l'on fait les ablutions, fais tes ablutions puis accomplis deux rak^ah ensuite, dis : (Allahoumma 'inni 'as'alouka wa 'atawajjahou 'ilayka binabiyyina Mouhammad nabiyyi r-Rahmah. Ya Mouhammad 'inni 'atawajjahou bika 'ila rabbi fi hajati li touqda li), ce qui signifie : "Ô Allah, je Te demande et je T'adresse mon invocation par le degré de notre prophète Mouhammad, le prophète de la miséricorde. ô Mouhammad, j'adresse mon invocation par ton degré à mon Seigneur concernant mon affaire pour qu'elle me soit réglée". Va ensuite chez lui, j'irai avec toi. Cet homme fit alors ce qu'il lui avait dit et se présenta à la porte de ^Outhman. C'est alors que le portier vint le prendre par la main et le fit entrer auprès de ^Outhman Ibnou ^Affan qui le fit asseoir à sa table et lui dit alors : De quoi as-tu besoin ? Il lui a cité son affaire, le calife la lui régla et lui dit : "Je ne me suis rappelé de ton affaire qu'à cette minute". Puis l'homme sortit de chez lui et rencontrant ^Outhman Ibnou Hounayf, il lui dit : Que Allah te récompense en bien : il n'a considéré mon affaire et ne s'est occupé de moi qu'après que tu lui as parlé de moi. Alors, ^Outhman Ibnou Hounayf lui dit : Par Allah, je ne lui ai pas parlé de toi. Mais voici ce dont j'ai été témoin lorsqu'un aveugle est venu au Messager de Allah se plaindre à lui de la perte de sa vue. le Prophète lui a dit ce qui signifie : "Si tu veux, tu fais preuve de patience et si tu veux, je fais des invocations pour toi". L'homme lui dit alors : Ô Messager de Allah, il m'est difficile de supporter la perte de ma vue et je n'ai personne pour me guider. Il lui dit alors ce qui signifie : Va à l'endroit où l'on fait les ablutions, fais tes ablutions puis accomplis deux rak^ah ensuite, dis ces paroles : (Allahoumma 'inni 'as'alouka wa 'atawajjahou 'ilayka binabiyyina Mouhammad nabiyyi r-Rahmah. Ya Mouhammad 'inni 'atawajjahou bika 'ila rabbi fi hajati li touqda li), ce qui signifie : "Ô Allah, je Te demande et je T'adresse mon invocation par le degré de notre prophète Mouhammad, le prophète de la miséricorde. Ô Mouhammad, j'adresse mon invocation par ton degré à mon Seigneur concernant mon affaire pour qu'elle me soit réglée". L'homme fit ce qu'il lui avait dit. Par Allah, nous ne nous étions pas séparés et l'assemblée n'avait pas duré longtemps que l'homme est revenu et avait recouvré la vue, comme s'il n'avait jamais eu de handicap. At- Tabaraniyy a dit : le hadith est sahih.

Il représente une preuve que l'aveugle a fait le tawassoul par le Prophète , sans être en sa présence : cet homme est au contraire parti à l'endroit ou l'on fait les ablutions, a fait les ablutions et a fait des invocations dans les termes que lui avait enseignés le Messager de Allah. Puis, il est revenu auprès du Prophète alors que le Prophète n'avait pas quitté l'assemblée, pour preuve la parole du narrateur du hadith ^Outhman Ibnou Hounayf : Par Allah nous nous étions pas séparés et l'assemblée n'avait pas duré longtemps que l'homme est revenu en ayant recouvré la vue.

 

Le Hafidh ^Aliyy Ibnou ^Abdi l-Kafi Taqiyyou d-Din As-Soubkiyy (mort en 786 h) dans son livre Chifa' ou s-Siqam fi Ziyarati Khayri l-'Anam en page 161 a dit également :

"Je dis que le tawassoul par le Prophète est permis dans tous les cas : avant sa création, après sa création, pendant sa vie dans le bas-monde, après sa mort durant le barzakh, après la résurrection pendant les stations du jour dernier et au paradis. et ce tawassoul est de trois genres..." Il a évoqué le hadith de ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l'agrée, qui a dit : Le Messager de Allah a dit ce qui signifie : "Lorsque 'Adam a commis le péché, il a dit : Ô Seigneur, je te demande par le degré de Mouhammad de me pardonner. Allah lui dit : Comment as-tu connu Mouhammad alors que Je ne l'ai pas encore créé. Il lui a dit :  Ô Seigneur , parce que lorsque Tu m'as créé par Ta toute-puissance et que Tu as insufflé en moi l'âme honorée qui T'appartient, j'ai levé les yeux et j'ai vu inscrit sur les piliers du Trône : (Il n'est de dieu que Allah, Mouhammad est le messager de Allah). J'ai su alors que Tu n'as joint à Ton nom que celle de Tes créatures que Tu aimes le plus. Allah dit : Tu dis vrai ô Adam. Il est certes celle de Mes créatures que J'aime le plus. Comme tu M'as invoqué par son degré, Je te pardonne et si ce n'était à cause de Mouhammad, Je ne T'aurais pas créé". Al-Hakim a dit : "ceci est un hadith dont la chaîne de transmission est sahih".

 

Mansour Ibnou Younis Al-Bouhoutiyy Al-Hanbaliyy, (le Chaykh des hanbaliyy en Egypte de son époque, mort en 1051 H) dans son livre Kichafou l-Qina^ ^an Matni l-'Iqna^ Al-Hijawiyy (tome 2 / page 69) a dit : "As-Samariyy et l'auteur de At-Talkhis ont dit : il n'y a pas de mal à faire le tawassoul pour avoir la pluie par les Chaykh et les savants pieux. Il a également dit dans le livre Al- Moudhahhab : Il est permis de demander à Allah l'intercession par l'homme vertueux. D'autres ont même dit : ceci est recommandé.

 

L'Imam 'Ahmad Ibnou Mouhammad Ibnou Hanbal (mort en 241 h) a dit dans son Mansak qu'il a écrit pour Al-Marroudhiyy :

L'on fait certes le tawassoul par le Prophète lors de son invocation.

Cela signifie que celui qui demande la pluie, il lui est recommandé, lors de sa demande de la pluie, de faire le tawassoul par le Prophète. Il a confirmé cela d'une manière catégorique dans Al-Moustaw^ab et d'autres ouvrages. Puis il a dit : Ibrahim Al-Harbiyy a dit : Faire des invocations auprès de la tombe de Ma^rouf Al-Karkhiyy est un remède qui a donné ses preuves.

 

Mouhammad Ibnou Mouhammad Al-Houçayniyy Az-Zabidiyy connu sous le nom de Mourtada (mort en 1205 h) a dit dans 'It-hafou s-Sadati l- Mouttaqin bi Charhi 'Ihya'i ^Ouloumi d-Din (Tome 10 / page130) ce qui suit :

Safwan Ibnou Soulaym Al-Madaniyy, Abou ^Abdi l-Lah et d'autres ont dit : Abou l-Harth Al- Qourachiyy Az-Zouhriyy le spécialiste de la jurisprudence, celui qui s'occupe d'actes d'adorations ; Ahmad a dit à propos de son père Soulaym Mawla Houmayd Ibnou ^Abdi r-Rahman Ibni ^Awf : On demande la pluie par le mérite de ses propos et les gouttes tombent du ciel par la cause de son évocation. Une autre fois il a dit : Il est digne de confiance, il compte parmi les meilleurs esclaves de Allah qui sont vertueux. Al-Waqidiyy et d'autres ont dit : il est mort en 132 h à l'âge de soixante-douze ans, et un ensemble de Mouhaddith a transmis de lui.

 

Mouhammad 'Amin Ibnou ^Abidin (mort en 1252 h ) a cité dans son commentaire Raddou l- Mouhtar ^ala d-Dourri l-Moukhtar (Tome 1 / Page 254 ) ce qui suit :

As-Soubkiyy a dit : Il est bien de faire le tawassoul par le Prophète à son Seigneur et personne parmi les gens du Salaf les gens des trois premiers sièclesou parmi le Khalaf ceux qui sont venus après euxne l'a renié, mis à part Ibnou Taymiyah qui a ainsi innové ce qu'aucun savant avant lui n'avait dit.

 

Le Hafidh Ahmad Ibnou l-Houçayn Al-Bayhaqiyy (mort en 458 h) a dit en rapportant de Al-Bidayah wa n-Nihayah de Ibnou Kathir ( Tome 7 / page 91) d'après Maliki d-Dar qui était chargé du trésor public des musulmans – Baytou l-mal – de ^Oumar qu'il a dit : Les gens ont été atteints de famine à l'époque de ^Oumar. Un homme est alors venu à la tombe du Prophète et a dit : Ô Messager de Allah, demande la pluie pour ta communauté, ils sont sur le point de périr. Cet homme a alors vu dans le rêve quelqu'un lui dire : Passe à ^Oumar le salam et annonce lui la nouvelle qu'ils auront la pluie et dis lui : fais bien preuve de bonne volonté et d'ardeur. L'homme est alors allé voir ^Oumar et lui a annoncé cela. ^Oumar s'est alors mis à pleurer et a dit : Ô Seigneur, s'ils en sont là, c'est bien que je suis incapable de faire plus.

Le point à relever dans le hadith, c'est que le compagnon s'est rendu à la tombe du Messager pour faire le tabbarouk – la recherche de bénédiction – et l'istighathah – la demande du renfort – ; et personne ne l 'a blâmé ou n'a renié cela, ni ^Oumar ni personne d'autre.

 

Le Hafidh 'Ahmad Ibnou ^Aliyy Abou Bakr Al-Khatib Al-Baghdadiyy (mort en 462 h) dans Tarikh Baghdad (tome 1 / page 123) avec une bonne chaîne de transmission a dit ce qui suit, d'après ^Aliyy Ibnou Maymoun qu'il a dit : J'ai entendu Ach-Chafi ^iyy dire : je fais certes le tabbarouk par Abou Hanifah et je me rends à sa tombe chaque jour. Si j'ai un besoin, j'accomplis deux rak^ah puis je me rends à sa tombe et je demande à Allah ta^ala pour qu'Il m'accorde la chose dont j'ai besoin et ce, auprès de sa tombe. Rapidement mon affaire est réglée.

 

L'Imam Mouhammad Ibnou Mouhammad Al-Ghazaliyy (mort en 505 h) dans son livre 'Ihya'ou ^Ouloumi d-Din (tome 1/ page 260) au chapitre "La visite de Médine et les règles de comportement" a dit ce qui suit :

Le visiteur dit : (Allahoumma qasadna nabiyyaka moustachfi^ina bihi 'ilayka fi dhounoubina) ce qui signifie : "Ô Allah, nous avons pris pour destination Ton prophète, en demandant son intercession envers Toi pour nos péchés". Il dit à la fin : (Wa nas'alouka bi manzilatihi ^indaka wa haqqihi 'ilayka) ce qui signifie : "Et nous Te demandons par son rang que Tu lui as accordé et par son degré.

 

Dans le livre Fatawa de Chamsou d-Din Mouhammad Ibnou Abi l-^Abbas Ar-Ramliyy (mort en 1004 h) en marge de Al-Fatawa l- Koubra ( page 382) figure ce qui suit :

Il fut interrogé à propos de ce que font certains gens du commun lors des épreuves qui disent : "Ô chaykh Untel, ô Messager de Allah " et ce qui est semblable à cela comme recherche du renfort par les prophètes et les messagers , les saints, les savants et les vertueux si cela est permis ou non ? D'autre partD'autre part, les messagers, les prophètes, les saints, les vertueux et les chaykh peuvent-ils secourir après leur mort ? Et qu'est ce qui confirme cela ?

IIl a répondu : "La recherche du renfort par les prophètes, les messagers, les saints et les vertueux peuvent être des renforts après leur mort car le fait d'avoir des miracles pour les prophètes et des prodiges pour les saints ne s'interrompt pas à leur mort. En ce qui concerne les prophètes, ils sont vivants dans leurs tombes : ils accomplissent la prière et le pèlerinage comme cela a été transmis par les nouvelles rapportées. Ainsi le renfort de leur part est pour eux un miracle. En ce qui concerne les saints, c'est pour eux un prodige." En effet, il est de la croyance des gens de vérité qu'il advient aux saints, que ce soit volontairement de leur part ou en dehors de leur volonté, des choses extraordinaires que Allah ta^ala fait exister par leur cause.

 

Nourou d-Din ^Aliyy Al-Qari dans leur commentaire de Al-Michkat a dit :

"Le Chaykh de nos chaykh, le savant des grands savants spécialistes Chamsou d-Din Ibnou l-Jazriyy dans l'introduction de son explication des Masabih, qu'il a appelée Tas-hihou l-Masabih a dit : J'ai visité sa tombe à Nayçabour (c'est- à dire Mouslim Ibnou l-Hajjaj Al-Qouchayriyy) et j'ai lu une partie de son Sahih à titre de recherche de bonne nouvelle et de bénédiction auprès de sa tombe. J'ai vu les manifestations de la bénédiction et l'espoir des demandes exaucées sur le lieu même où il est enterré".

 

L'Imam Malik, que Allah l'agrée, a dit au calife Al-Mansour lorsqu'il a effectué le pélerinage et a visité la tombe du Prophète et qu'il a interrogé Malik en lui disant :

"Ô Abou ^Abdi l-Lah, est-ce que je fais face à la Qiblah pour faire des invocations ou est-ce que je fais face au Messager de Allah  ? Il lui a dit : "Pourquoi détournerais-tu de lui ton visage alorsqu'il est celui par le degré duquel ton père Adam et toi-même vous invoquez Allah ta^ala ?Fais-lui face et demande qu'il intercède pour toi, Allah fasse qu'il intercède."

Le Qadi ^Iyad a mentionné ceci dans son livre Ach-Chifa' et l'a rapporté avec une chaîne de transmission sahih.

 

Al-Hakim a rapporté que ^Oumar que Allah l'agrée a donné un discours aux gens et leur a dit : "Ô gens, le Messager de Allah considérait Al-^Abbas comme un fils considère son père : Il l'honorait, le respectait et respectait son serment; Alors prenez pour exemple le Messager de Allah envers son oncle Al-Abbas et prenez-le pour faire le tawassoul à Allah pour tout ce qui vous arrive."

Certes, si ^Oumar a fait le tawassoul par Al-^Abbas après la mort du Prophète, ce n'est pas en raison de la mort du Messager mais c'est pour respecter le droit de sa parenté avec le Prophète (Allahoumma 'inna l-yawma 'atawajjahou bi 'ilayka limakani min nabiyyik" ce qui signifie : "Ô Allah, les gens T'ont adressé leur invocation par moi en raison de ma parenté avec Ton Prophète." Az-Zoubayr Ibnou Dhakkar a rapporté cela.

Par ailleurs le fait qu'une chose a été délaissée n'est pas une preuve qu'elle est interdite comme cela est décrété dans les livres des fondements de la croyance. Le fait que ^Oumar a délaissé le tawassoul par le Prophète ne constitue pas une preuve que le tawassoul est interdit autrement que par celui qui est vivant et présent. En effet, le Prophète a délaissé de nombreuses choses permises. Est-ce que le fait qu'il les a délaissées est une preuve de leur interdiction ?

 

Le grand savant Mouhammad Ibnou 'Ahmad Mayyarah Al-Malikiyy dans son livre Ad-Dourrou th-Thamin wa l-Mawridou l-Ma^in, Charhou l-Mourchidi l-Mou^in ^ala d-Darouriyyi min ^Ouloumi d-Din du Chaykh ^Abdou l-Wahid Ibnou ^Achir Al- 'Ansariyy Al-'Ach^ariyy Al-Malikiyy que Allah leur fasse à tous deux miséricorde a dit :

Allah nous faisons le tawassoul par le degré-al-jah-de la plus aimée des créatures, celle qui a selon Ton jugement le plus éminent degré, notre maître et notre Prophète Mouhammad et par le degré –al-jah- de tous les prophètes, les messagers, les gens de la bataille de Badr, tous les saints les saints hautement véridiques, les martyrs et les vertueux, de ne pas laisser un seul péché sans que Tu le pardonnes, un tourment sans que Tu nous en dégage, un défaut sans que Tu le caches, une dette sans que Tu nous en acquittes, un ennemi sans que Tu nous préserves de son mal, un malade sans que Tu le satisfasses, ô Toi le plus Miséricordieux des miséricordieux, ô Seigneur des mondes."

 

Ibnou ^Achir, l'Imam, le Chaykh ^Abdou l-Wahid Al-'Ansariyy Al-'Ach^ariyy Al- Malikiyy, que Allah lui fasse miséricorde a dit :

   "Je demande toujours l'utilité par Lui

de la part de notre Seigneur, par le degré -al-jah- du Maître des gens."

 

Al-Boukhariyy et Mouslim ont rapporté du hadith de 'Anas ; selon la version de Mouslim, d'après lui, il a dit : "Lorsque le Prophète a effectué le lancer à la Jamrah, qu'il a égorgé ce qu'il a sacrifié et qu'il s'est fait rasé, il a désigné au coiffeur la partie droite de sa tête. Il l'a donné au coiffeur. Puis, il a appelé Abou Talhah Al-'Ansariyy et lui a donné des cheveux. Puis, il a désigné son côté gauche et a dit ce qui signifie : "Rase." Celui-ci l'a rasé. Il a donné les cheveux à Abou Talhah et a dit ce qui signifie : "Partage-les entre les gens."

Dans ce hadith il y a une recherche de bénédictions -tabarrouk- par les traces du Messager de Allah parce que les cheveux ne se mangent pas. On les utilise pour autre chose que pour s'en nourrir. Le Messager de Allah a incité sa communauté à faire le tabarrouk par ses traces. Khalid Ibnou l-Walid avait une qalansouwah -une toque- à l'intérieur de laquelle il avait mis des cheveux de la mèche frontale du Messager de Allah lorsqu'il s'était rasé lors de la ^Oumrah de la ja^ranah.

Mouslim a rapporté dans le sahih d'après ^Abdou l-Lah Ibnou Kayçan Mawla 'Asma'i Bintou Abi Bakr, qu'il a dit : "Elle a sorti pour nous une tunique longue -joubbah- à capuche, de modèle persan, dont l'encolure était ornée de brocart et les emmanchures ourlées. Elle a dit : C'est la tunique longue du Messager de Allah , elle était chez ^A'ichah. lorsqu'elle est morte j'en ai pris possession. Le Prophète la mettait. Nous la lavons pour les malades et nous cherchons par elle la guérison."

 

Dans le livre Sou'alat ^Abdi l-lah Ibni 'Ahmad Ibni Hanbal li 'Ahmad, ^Abdou l-lah a dit :

"J'ai interrogé mon père (l'Imam 'Ahmad) à propos de l'homme qui touche le pommeau du Minbar avec l'intention de faire le tabarrouk, ainsi que sur le fait de toucher la tombe du Prophète. Il a dit : Il n'y a pas de mal en cela.

 

Ibnou l-Jawziyy a rapporté dans Manaqib 'Ahmad avec une chaîne de transmission ininterrompue jusqu'à ^Abdou l-Lah Ibnou 'Ahmad Ibnou Hanbal qu'il a dit : "J'ai vu mon père c'est-à dire 'Ahmad Ibnou Hanbal prendre un des cheveux du Prophète le mettre sur ses lèvres et l'embrasser. Je pense l'avoir vu le poser sur ses yeux, la plonger dans l'eau puis en boire pour chercher la guérison. Je l'ai vu prendre un récipient du Prophète , le laver dans ......., puis boire dedans."

 

At-Tabaraniyy a rapportédans Al-'Awsat et Al-Kabir d'après Handhalah Ibnou Houdhaym qu'il a dit : "Je suis allé avec mon grand-père chez le Messager de Allah . Il a dit : "ôÔ Messager de Allah, j'ai des enfants qui ont atteint l'âge d'avoir des barbes et d'autres plus jeunes. Celui -là est le plus jeune d'entre eux. Il m'a rapproché du Messager de Allah qui a passé sa main sur ma tête et a dit : (Baraka l-Lahou fik), ce qui signifie : "Que Allah te bénisse."

Adh-Dhayyal a dit : "Je vois Handhalah. Vient à lui l'homme dont le visage est tuméfié ou la brebis dont le pis est enflé, il dit : Bismi l-Lah en posant sa main sur l'endroit touché par la main du Messager de Allah puis il passe la main et l'enflure disparaît."

 

Le Hafifh Ibnou Hajar Al-^Asqalaniyy a dit dans l'un de ses poèmes appelé An-Nayyiratou s-Sab^ : "Ô mon maître , Ô Messager de Allah mes poèmes sont honorés par des éloges composés en ton honneur.

 

As-Souyoutiyy a dit dans le livre Al-Khasa'isou l-Koubra, chapitre la vie du Prophète dans sa tombe et la prière qu'il accomplit.

Abou Ya^la a rapporté d'après Abou Hourayrah qu'il a dit : "J'ai entendu le Messager de Allah dire ce qui signifie : "Par Celui qui détient mon âme par Sa toute puissance , ^Iça Ibnou Maryam redescendra sur terre et lorsqu'il se tiendra auprès de ma tombe et qu'il dira : ô Mouhammad, je lui répondrai."

 

Le Chaykh ^Abdou l-Lah Ibnou Mouhammad Ibnou s-Siddiq Al-Ghoummariyy Al- Haçaniyy, que Allah lui fasse miséricorde a dit dans son livre appelé 'Irghamou l-Moubtadi^i l-Ghabiyy bi Jawazi t-Tawassouli bi n-Nabiyy, ce qui suit : "Le tawassoul, la demande du renfort, la demande de l'intercession par le maître des gens, notre prophète Mouhammad le flambeau irradiant les ténèbres, tout cela fait partie des bonnes choses recommandées et particulièrement lors des épreuves. C'est sur cette voie qu'ont avancé les savants qui œuvrent pour la religion, les saints, qui s'occupent d'adorations, les maîtres spécialistes du hadith, les imams qui nous ont précédés, comme l'a dit As-Soubkiyy, d'après ce qu'a rapporté l'auteur de Faydou l-Qadir : Et il est bien de faire le tawassoul, la demande du renfort, la demande de l'aide, la demande de l'intercession par le Prophète à son Seigneur. Personne parmi les gens du Salaf ni du Khalaf n'a renié cela".

Voilà donc toutes ces paroles qui comportent la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah à propos du caractère permis du tawassoul par les prophètes et les saints, des paroles qui réfutent la croyance de ceux qui prétendent mensongèrement faire partie du Salaf. Ce sont des paroles qui mettent en évidence la croyance des 'Ach-^ariyy et des Matouridiyy, qui est la croyance des compagnons et de ceux qui les ont suivis correctement, qu'ils fassent partie des gens du Salaf ou du Khalaf.

En résumé, le tawassoul n'est en rien une adoration d'autre que Dieu mais n'est qu'une recherche des causes par lesquelles on espère l'exaucement de la part du Tout-Puissant. La preuve du Qour'an étant sa parole ta^ala :

{يا أيُّـها الذينَ ءامنوا اتَّقوا اللَّهَ وابْتغوا إليهِ الوسيلة}

ce qui signifie : "Ô vous qui avez cru, craignez Allah et recherchez pour Son agrément les causes par lesquelles on fait le tawassoul".

Aucun savant de Ahlou s-Sounnah n'a renié le tawassoul. Ibnou Taymiyah a été le premier à poser des restrictions qui ne font pas partie de la religion (à savoir qu'il serait une condition que la personne par laquelle on fait le tawassoul soit vivante et présente sur le lieu où est fait le tawassoul). Par cette innovation, il a interdit ce que Allah n'a pas interdit ni Son Messager, ceci a été largement démontré par les preuves que nous avons présentées. L'interdiction du tawassoul par les wahhabites et leurs soutiens n'est finalement qu'un vaste entreprise destinée à priver les musulmans de la bénédiction des prophètes et des saints et destinée à faire passer l'ensemble des musulmans pour des mécréants.

Et Allah sait plus que tout autre.